Le juge-ment

 

   Est-ce la qualité du jugement auquel

nous nous attachons ou aux jugements eux-mêmes ?

 

   Dans nos esprits, lorsqu'une chose nous dérange, nous nous l'affirmons parfois à haute voix afin de lui donner corps. Le bien-être personnel a tendance à s'octroyer par le vécu émotionnel du jour la place de leader en usant des réactions métaboliques de la fonction vitale. L'émotionnel souhaite prendre le dessus sur la pensée en voilant la raison du cœur qui elle sait accepter, sans pour autant être d'accord, et en proposant dans le même temps une alchimie concrète bénéfique pour tous.

 

   Personne n'est à même que soi-même de prendre soin des émotions qui nous traversent ou des mauvais traitements parfois spirituels que souhaite nous imposer d'autres. Pourtant, la raison du cœur sait être garante de l'équilibre entier dès lors que nous apprenons à l'utiliser et nous y remettre.

 

   Lorsqu'une chose désagréable est constatée, la pensée pèse et mesure ce qui semble valable sur l'instant ainsi que d'une manière intemporelle selon ce que nous considérons de juste pour notre propre bien-être et ainsi celui du collectif. Dès lors que nous nous en remettons aux jugements, nous prodiguons à la structure une qualité vibratoire plus basse que la signature énergétique essentielle que le cœur émets.

 

   Pour ce qui est des choses agréables, la raison intellectualisée, même si elle est contre, ne semble cependant pas réussir à nous imposer sa vigueur d'action. Finalement, à travers cette dualité mystérieuse nous pouvons observer que l'unité observe ce phénomène jusqu'à son équilibre et sa tempérance, que nous en soyons conscient ou non, cela est l'alchimie du haut et du bas.

 

   Pourtant, dès qu'un phénomène nous traverse, que nous croyons en être la cible directe ou non, il y a une possibilité que ces toxicités ne nous atteignent pas à la fois dans l'impact et dans l'effet vibratoire de sa fréquence. Accepter c'est permettre à ce que toutes les forces nous inondent car la sagesse est ensemencée dans toutes les gammes duelles. Ce sont des épreuves de foi auxquelles nous sommes appelés à répondre afin de continuer à arroser ce qui est déjà harmonieux.

 

   Nous sommes amenés à vivre la polarité et dans ce fait ce n'est que notre présence qui conditionne la vie que nous déployons. En répondant présent aux sollicitations intérieures qui nous pousse à conditionner notre regard sur un état de jugements ou d'émotions indésirables nous expérimenterons l'épreuve inconfortable de la souffrance. En nous en remettant au guide intérieur dans la simple présence du cœur, nous nous déployons depuis le centre de l'harmonie universelle.

 

   Si nous considérons que le temps va de plus en plus vite nous serons davantage conscient de cette illusion car nous n'aurons pas su répondre à cette affirmation depuis le centre harmonique qui est hors du temps. En ralentissant le rythme dans l'instant nous savons que ceci est une illusion. Pour permettre à prendre ce recul nécessaire qui nous garde en paix de corps et d'esprit il est important d'être attentif à la moindre des sollicitations qui nées du jugement ou de cet état émotionnel qui bouillonne. Sauf que nous ne sommes pas une soupape de sécurité qui retenons, si nous pensons que nous le sommes c'est ce que nous expérimenterons, par contre si l'esprit est nourri de la non-vengeance et du souhait profond de la bienveillance pour tous et de la joie en chacun, alors nous ne jugeons plus à savoir si nous avons été trop agréable ou trop bon par exemple. Nous ne considérons plus notre ennemi comme un poids mental. Il est à sa juste place nécessaire à ce que nous puissions par sa présence agitée ralentir notre propre agitation. Par effet de cohérence cela touche la structure collective et l'affirmation harmonique se diffuse dans l'ensemble des points de la grille.

 

   Dès qu'une personne est jugée malveillante, toxique ou dangereuse, c'est le signal que nous sommes en présence d'une possibilité d' ensemencer la grille du centre harmonique et de transmuter une des ombres qui brident le potentiel d'Amour.

 

   Nous ne sommes ni responsable ni à même de diriger les actes d'autrui car seul l'incarnation pragmatique est exemple présente. Chercher à prouver le bien que nous sommes capable d'apporter, ou montrer ce que nous sommes capable d'accomplir ressort d'un comportement émotionnel instable qui ne sait plus par qui ou par quoi juger "son" bon sens. C'est en silence et enfouies que les graines du printemps se préparent à éclore. C'est dans l'humilité chaleureuse que naît les arbres de la bienveillance et du service.

 

   En considérant chaque pensées qui nous traverse comme des possibilités de faire du bien sans que qui que ce soit ne sache la bienveillance que nous permettons en soi, c'est appliquer le service de paix envers soi-même, nous arrosons ainsi la paix à l'intérieur de notre corps et il n'est besoin de prouver que la paix est signe d'exemple.

 

   Dès lors que nous accomplissons à chaque instant la transmutation des jugements en la contemplation du silence harmonieux dans le cœur, nous cultivons les semences universelles lumineuses qui enfouies prodiguerons pour toutes les générations passées et futures des bénédictions favorisant l'émergence du ton harmonique.

 

Bienveillante est la présence, c'est l'état universel, alors que l'individu se place toujours en comparaison et souvent de lui-même car il n'est pas stable comme l'Amour mais il porte dans les polarités la semence d'harmonie que l'Amour diffuse.

 

   Accepter que nous nous jugeons reviens à observer qu'il est possible de ne pas juger mais juste d'accepter sans porter le poids émotionnel que nous souhaitons nous surcharger. En étant attentif et relâché dans la présence en l'instant, nous avons tout le recul nécessaire pour observer les sollicitations égotiques qui passent. Nous pouvons même accomplir n'importe quelle tâche dès l'instant que nous savons porter un regard bienveillant d'auto-dérision sur ce qui semble affirmer l'individualité. En incarnant cet humour divin impersonnel nous sommes à même d'aimer qui que ce soit sans pour autant sacrifier quoique ce soit.

 

   Nous acceptons juste ce qui est et ce qui n'est pas. Nous savons cultiver ainsi les fruits de la quiétude sans en récolter un seul. Nous sommes là, un arbre silencieux et aimant qui fait pousser des fruits et que seul ceux qui sont capables de l'incarner peuvent voir ou ressentir. Nous sommes ainsi dépossédés de rien, puisque l'arbre est là, dans toute la grâce de son silence paisible.

 

   Sans chercher à montrer quoique ce soit de ce rien, la quiétude reste enracinée maintenant. Rien ne nous prive de quoi que ce soit puisque nous ne nous sommes pas déplacés de cet état. Si nous fixons le regard sur le jugement que les autres nous renvoient alors nous parlerons ensemble le langage de ce qui juge. Si nous n'avons aucun jugement à donner corps alors le jugement d'autrui ne peut prendre appui.

 

   Voyez lorsque vous pleurez de tristesse et quand une âme est là près de vous trouvant le mot juste ou la présence attentive de vous montrer ce qui n'est pas négatif. Combien vous portez un regard de dérision envers vous-même en lui donnant corps. Et bien cultiver cet état de s'ouvrir à ce qui est déjà guéris dans une perpétuelle attention de chaque instant c'est laissé la joie s'épanouir qu'importe les épreuves ou les souffrances, au contraire, cette joie est une force bienveillante qui ne porte plus en dérision autrui pour rester joie dans l'individu. Non, nous sommes conscient que la joie est tout ce qui importe et que cette authenticité n'a pas besoin de raisons ou de preuves.

 

   Juste rire suffit. En riant nous observons depuis l'universel. Tout ce qui est touché par ce rire de joie est soit en voie de guérison soit déjà guéris selon la pratique que vous y apportez. En tout cas lorsque nous rions de bon cœur, le jugement perd de sa valeur et devient un souvenir qui s'efface pour laissé place à la paix en soi et autour de soi.

 

   Être attentif en l'instant nous permet de rire du jugement que nous tentons de porter à chaque instant et juste être l'observateur de ce mécanisme de jugements.

 

   Cela c'est désamorcer la bombe que l'on nous tends que cela soit fait de manière consciente ou non le plus important est de désamorcer cette bombe car nous sommes les gardiens de notre prochain et nous ne pouvons rester insensible à la compassion qu'émerge lorsque d'autres nous juge plutôt qu'à la réaction. Nous savons reconnaître le processus d'attachement au bien-être individuel dépossédant notre frère de sa volonté de se donner lui-même cette paix. Sachons alors le reconnaître et le regarder avec compassion, sans jugements.

 

   La qualité d'un jugement est ainsi aussi peu important que le jugement lui-même car une force de joie bénéfique pour tous se cache dans chacune des situations ainsi exposées. La qualité d'un jugement, qu'il soit universel ou non, ne dépends jamais que d'un point dans le corps humain mais il y a un observateur à ce mécanisme de jugements que nous pouvons appréhender par la qualité de présence, par le regard de la conscience cosmique ou comme cela est appelé en bouddhisme par le regard de la vacuité qui sait voir l'impermanence.

 

   L'impermanence est autorité dans les jugements car ils ne dépendent que de conditions, de causes et de phénomènes. D'un regard tronqué sur soi-même peut alors amener a brider la raison du cœur qui n'a que seule raison d'aimer sans distinctions.

 

   Aimer ne nous impose pas d'être d'accord, aimer c'est porter un regard bienveillant sur le jugement que nous tentons de porter à la fois depuis le "nous-même" et "sur autrui". Cette charge émotionnelle est à reconnaître par tous pour identifier ses attributs mécaniques, ses fonctions motrices et son état impermanent.

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